Démographie / Tendance des populations

  • Dynamique des populations


Nous cherchons à  évaluer les réponses des manchots et les limites de leurs capacités d'adaptation aux changements globaux, aussi bien sur les lieux d'alimentation en mer que sur le site de reproduction à terre.
Pour cela, nous étudions le comportement des manchots et la tendance de leurs  populations grâce au suivi électronique de nombreux individus dont l’histoire (âge, expérience, réussites et échecs de reproduction passés, position dans la colonie chaque année) est connue.
Ainsi, chaque année, des poussins et plusieurs adultes sont équipés d’une puce d’identification qui permet de les suivre année après année.
L’exceptionnelle base de données obtenue sans le biais du baguage nous permet ainsi d’étudier les liens entre la variabilité environnementale (climat, accès aux proies) et la survie et la phénologie (i.e.événements périodiques comme l‘arrivée sur la colonie pour entamer une nouvelle saison de reproduction) des cohortes (i.e.individus de même âge) de manchots, selon leur âge et expérience, leur statut reproducteur, leur performances reproductrices et de recherche alimentaire, ou d’autres traits (morphologiques, physiologiques et comportementaux). 
A terme, l’équipe cherche à modéliser le fonctionnement et la dynamique des populations afin d’évaluer leurs tendances démographiques en fonction notamment des scénarios climatiques.

 

  • Génomique


La diversité génétique est un moteur essentiel à la persistance des populations face aux modifications de leur écosystème et donc nous cherchons à comprendre comment la diversité génétique est maintenue chez des espèces coloniales très philopatriques, c'est-à-dire très fidèles à leur lieu de naissance/reproduction passées. 
Dans le cas de manchots royaux de l'archipel de Crozet, par exemple, nos résultats montrent que cette colonie de manchots est à l'équilibre et présente une forte diversité génétique (Cristofari et al.2015). Nos résultats montrent aussi que l'hétérogénéité de la qualité de l'habitat est un élément clé au sein des colonies qui permet d'éviter la consanguinité et de promouvoir un brassage génétique chez ces espèces hautement philopatriques. 
Pour reconstruire le passé démographique des populations de manchots et prédire leur devenir, nous avons également utilisé une méthode de séquençage à haut débit (Next Generation Sequencing ; RAD-sequencing). 
En utilisant ces données génomiques de populations de manchots empereurs établies tout autour du continent Antarctique, nous avons montré que ce prédateur supérieur emblématique jusqu’à présent supposé être très philopatrique et donc très structuré en colonies avec peu d’échanges, correspond à une population mondiale unique dont la démographie est partagée depuis la fin du Quaternaire (Cristofari et al.2016).